mercredi 17 février 2010

Le temps de jouer

"On peut jouer à une table de jeu, ou devant une console de jeu. Mais on peut aussi jouer dans la vie réelle, avec les autres ou avec sa propre vie. A un certain point de vue, un homme qui part conquérir de nouveaux marchés en Asie ne joue pas : il fait son travail, il gagne sa vie, il défend la pérennité de son entreprise. Mais, à un autre point de vue, on peut dire de cet homme qu’il joue à conquérir des marchés et à surclasser ses concurrents. Si une voix lui disait qu’il est temps, maintenant, de venir mourir, il laisserait là son œuvre de conquérant comme on quitte une partie de carte, parce que le temps de jouer est fini. "

Cette réflexion de Stéphane Chauvier dans l'extraordinaire petit bouquin "Qu'est-ce qu'un jeu ?" (Librairie Philosophique Vrin, 128 pages), c'est le point de départ de notre questionnement. Ce qui se passe dans l'entreprise, à bien des points de vue, ressemble à un jeu. Pas au sens ludique du terme, evidemment. Un jeu au sens de dispositif d'action collective, avec un but et des règles.

Vue sous cet angle, il nous semble que la question des finalités de l'entreprise prend un relief un peu différent : quel est le but du jeu, finalement ? Et quels sont les buts des joueurs ?

Edit : à lire ici, une critique un peu sévère du bouquin, mais pas inintéressante...

2 commentaires:

Jlh a dit…

De mon point de vue, mais vaut il quelque chose, le jeu est souvent de ve
dre son temps en échange de pepettes ( je sais, on parle a un niveau supérieur ici, mais j'ai pas trop envie ce soir) dans un monde ou les valeurs les plus simples sont désormais bafouées a chaque seconde dans le monde sous couvert d'un libéralisme de plus en plus difficile a vendre aux masses mais nous aurons sûrement l'occasion d'en parler au fur et a mesure de la progression de ce blog a qui je souhaite une longue vie
JLH

Patrick a dit…

Merci pour les encouragements ! Il me semble que le salarié, puisque c'est la posture adoptée dans le commentaire, peut effectivement se contenter de vendre son temps contre un salaire. Mais même dans ce cas, nolens volens, il participe à une action collective. Et puis parfois, il décide consciemment de "jouer le jeu". Toute la question est de savoir lequel. Sans doute une partie du sien (il joue sa propre partition au mieux de ses capacités et de la situation), mais aussi un jeu plus collectif, qui serait celui de l'entrepreneur ou de l'entreprise.

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